Le Mali quitte l’OIF : un nouveau séisme géopolitique en Afrique de l’Ouest

Le Mali a officiellement annoncé son retrait de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), emboîtant le pas au Niger et au Burkina Faso, ses alliés au sein de l’Alliance des États du Sahel (AES). Cette décision, qui intervient dans un contexte de tensions croissantes entre les pays de l’AES et les organisations internationales, marque un tournant majeur dans la géopolitique de la région.
Les raisons d’un retrait annoncé
Les autorités maliennes justifient leur retrait par plusieurs griefs à l’encontre de l’OIF, notamment :
- Ingérence dans les affaires intérieures : Bamako accuse l’OIF de s’immiscer dans les questions politiques nationales, en particulier en ce qui concerne la transition politique et les élections.
- Manque de soutien face au terrorisme : Le Mali reproche à l’OIF de ne pas avoir apporté un soutien suffisant dans sa lutte contre les groupes armés terroristes qui sévissent dans le pays.
- Instrumentalisation politique : Les autorités maliennes estiment que l’OIF est devenue un outil d’influence politique au service de certaines puissances occidentales.
Un retrait qui s’inscrit dans une dynamique régionale
Le retrait du Mali de l’OIF s’inscrit dans une dynamique régionale plus large, marquée par une contestation croissante de l’influence occidentale et une volonté de réaffirmer la souveraineté des États. Le Niger et le Burkina Faso, également dirigés par des régimes militaires, ont annoncé leur retrait de l’OIF quelques jours auparavant, soulignant ainsi la solidarité entre les pays de l’AES.
Les conséquences du retrait
Le retrait du Mali de l’OIF aura des conséquences multiples :
- Affaiblissement de l’OIF : Le départ de trois pays membres, dont deux pays fondateurs, constitue un coup dur pour l’OIF et remet en question son rôle et son influence en Afrique.
- Renforcement de l’AES : Le retrait de l’OIF renforce la cohésion et la solidarité entre les pays de l’AES, qui cherchent à s’affirmer comme un bloc régional indépendant.
- Réalignement géopolitique : Le retrait de l’OIF pourrait favoriser un réalignement géopolitique de la région, avec un rapprochement des pays de l’AES vers d’autres partenaires, tels que la Russie ou la Chine.
Perspectives d’avenir
L’avenir des relations entre le Mali et l’OIF reste incertain. Toutefois, il est probable que ce retrait marque le début d’une nouvelle ère dans la géopolitique de l’Afrique de l’Ouest, avec une reconfiguration des alliances et une affirmation croissante de la souveraineté des États.