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Les ETF : Pourquoi 90 % des professionnels se font battre par un panier d’actions

Si vous entrez dans une banque traditionnelle pour investir en bourse, on vous proposera presque toujours un « fonds mutuel » ou un « fonds commun de placement ». Un gestionnaire en costume de luxe vous expliquera qu’il va utiliser son expertise pour sélectionner les meilleures actions du moment, battre le marché et faire fructifier votre argent.

Ce que l’on ne vous dit pas, c’est que ce gestionnaire va échouer.

Les statistiques de l’indice S&P Dow Jones Indices (les rapports SPIVA) démontrent année après année que, sur une période de 15 ans, plus de 90 % des gestionnaires de fonds professionnels échouent à faire mieux que le marché. Pire : ils vous facturent des frais exorbitants (souvent 2 % à 3 % par an) pour cette contre-performance.

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Heureusement, il existe une arme secrète pour les investisseurs individuels : les ETF (Exchange Traded Funds), aussi appelés trackers.

1. Qu’est-ce qu’un ETF ?

Imaginez que vous vouliez investir dans les 500 plus grandes entreprises américaines (Apple, Microsoft, Amazon, Nvidia, etc.). Vous avez deux options :

  • La méthode complexe : Acheter une action de chacune de ces 500 entreprises. Cela vous demanderait des dizaines de milliers d’euros de capital, des heures de gestion et d’énormes frais de transaction.
  • La méthode ETF : Acheter une seule part d’un fonds appelé « ETF S&P 500 ».

Un ETF est un panier d’actions qui réplique de manière automatique et informatique la performance d’un indice boursier existant. En achetant une seule part de cet ETF (souvent pour quelques dizaines ou centaines d’euros), vous devenez instantanément propriétaire d’une fraction microscopique de centaines d’entreprises à la fois. Vous diversifiez votre risque au maximum en un seul clic.

2. Le secret de la performance : La guerre des frais

Pourquoi un robot informatique qui se contente de copier le marché bat-il des génies de la finance formés dans les meilleures écoles ? La réponse tient en un mot : les frais.

Un fonds géré par un humain nécessite des analystes, des bureaux à Wall Street et des bonus marketing. Ses frais s’élèvent en moyenne à 2 % par an. Un ETF est entièrement automatisé. Ses frais de gestion sont dérisoires, souvent compris entre 0,05 % et 0,25 % par an.

Cette différence de frais semble minime sur un an, mais sur le long terme, elle est dévastatrice pour votre patrimoine à cause du mécanisme inverse des intérêts composés.

Le match des frais (Exemple sur 30 ans) : Vous investissez 10 000 € sur un marché qui progresse de 8 % par an en moyenne.

  • Avec un ETF (0,2 % de frais) : Votre rendement net est de 7,8 %. Au bout de 30 ans, vos 10 000 € sont devenus 95 180 €.
  • Avec un fonds bancaire (2 % de frais) : Votre rendement net s’effondre à 6 %. Au bout de 30 ans, votre capital n’est que de 57 430 €.

Vous avez donné près de 38 000 € de votre fortune future à votre banquier simplement pour lui payer ses frais de gestion.

3. Les trois grands ETF à connaître pour bâtir son portefeuille

Pour le fainéant intelligent, la simplicité est la clé de la réussite. Pas besoin de posséder cinquante lignes différentes. Deux ou trois ETF suffisent pour couvrir la croissance mondiale :

  • L’ETF S&P 500 : Il regroupe les 500 plus grandes entreprises des États-Unis. C’est le moteur de l’économie mondiale et l’indice préféré du légendaire investisseur Warren Buffett.
  • L’ETF MSCI World : Le roi de la diversification. Contrairement à ce que son nom indique, il regroupe environ 1 500 grandes entreprises situées dans 23 pays développés (États-Unis, Japon, France, Allemagne, etc.). Investir là-dedans, c’est parier sur le fait que le monde continuera globalement à progresser.
  • L’ETF Émergents (MSCI Emerging Markets) : Il capte la croissance des pays en plein développement économique (Chine, Inde, Brésil, etc.). Idéal pour ajouter un peu de dynamisme à votre portefeuille.

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Note régionale : Pour les investisseurs focalisés sur l’Afrique de l’Ouest, bien qu’il n’existe pas d’ETF grand public calqué exactement sur le modèle occidental pour la BRVM, des fonds communs de placement indiciels ou des stratégies de « Buy and Hold » sur les 10 plus grosses capitalisations de la zone (Sonatel, Onatel, etc.) permettent d’appliquer exactement la même philosophie de paresse intelligente.

4. La stratégie DCA : L’automatisation ultime

La meilleure manière d’investir dans les ETF s’appelle le DCA (Dollar Cost Averaging ou investissement programmé).

La stratégie consiste à investir la même somme d’argent (par exemple 150 €) à date fixe (tous les 5 du mois), peu importe l’état du marché.

  • Si la bourse monte, vos 150 € achètent un peu moins de parts, mais votre portefeuille prend de la valeur.
  • Si la bourse baisse, vos 150 € achètent plus de parts « en solde », ce qui boostera vos gains futurs lors de la reprise.

Vous supprimez l’analyse technique, le stress de savoir si c’est le « bon moment » pour acheter, et vous laissez le temps lisser vos prix d’achat.

L’essentiel à retenir : Les ETF ont retiré le pouvoir des mains des intermédiaires financiers pour le rendre aux épargnants. C’est l’outil passif par excellence. En acceptant de ne pas chercher à « battre » le marché mais simplement à obtenir la performance moyenne mondiale, vous êtes mathématiquement assuré de battre la grande majorité des professionnels de la finance à long terme, tout en y passant moins de deux heures par an.

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